fonds éthiques et l’investissement socialement responsable
Dans le cadre de notre engagement sur Global Compact et afin d’identifier les pratiques de gestion alternative de l’investissement, nous engageons une recherche sur les fonds éthiques et l’investissement socialement responsable ( les répertorier, identifier leurs critères d’investissement et leur critères de performances y compris pour eux-mêmes, etc …). Un point de départ est le texte de Jensen sur la logique actionnariale (Jensen M. : « Value Maximization, stakholder theory and the corporate objective function », Bank of America, Journal of applied corporate finance, volume 14, number 3, fall 2001 (october), disponible sur SSRN. La question est de savoir s’il peut y avoir une logique alternative à la création de valeur actionnariale comme « pilote » du bien être social exprimée par les fonds éthiques. A ce moment là est ce que les critères restent ceux de la création de valeur comme finalité ou cette création de valeur peut elle être seconde par rapport à d’autres critères.
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Fonds éthiques et Investissement socialement responsables… Ces termes peuvent apparaître comme des oxymores aux yeux de certains. En effet, un fonds de placement peut-il être en même temps éthique, au risque de voir ses bénéfices diminués ? _ et un investissement, peut-il être socialement responsable, c’est à dire se détachant, ne serait-ce qu’un peu de la loi du marché et de la course aux profits ?
Le mot éthique désigne une discipline qui se donne pour but de dire comment les êtres doivent se comporter. Ce terme, appliqué à celui de fonds aurait une connotation pénalisante. En effet, l’éthique peut apparaître comme une contrainte de la maximisation des profits : on ne s’autorise que certains portefeuilles d’actifs donc une perte de rentabilité est inévitable.
De son coté, l’investissement socialement responsable insère dans le monde financier réputé froid et insensible, ce que l’on peut appeler des préoccupations sociales et morales. Cette idée a été théorisée par John Elkington qui s’intéresse à la triple bottom line c’est à dire aux trois axes de la responsabilité : l’environnement, l’économie et le social. Elkington va s’intéresser à la valeur sociale et environnementale que les entreprises vont créer ou détruire.
Dès lors, on peut se poser la question de la performance des fonds éthiques, d’autant que la surveillance de telles entreprises leurs ajoutent un coût supplémentaire, pénalisant la rentabilité des investissements réalisés.
Restons logiques : si tant d’entreprises investissent dans des fonds éthiques, c’est très certainement parce qu‘elles y trouvent un intérêt.
Le premier qui nous vient à l’esprit est bien sûr le formidable coup de publicité que cela engendre. Le respect des valeurs morales voire de l’environnement améliore considérablement l’image de marque de l’entreprise. Et par conséquent, l’accès au financement direct en serait facilité. Par ailleurs, il semblerait que les démêlés avec les fournisseurs, voire les clients soient atténués, ce qui ferait faire des économies considérables aux entreprises.
Il apparaît donc qu’investir dans un fonds éthique représente un réel avantage pour les entreprises et que, considérant l’effet grandissant du phénomène, cette tendance n’est pas prête de s’inverser.
Sources : Wikipedia
Rédigé par: Aurélia Quéméneur | le 13 mars 2007 à 21h12
Le marché français de l’ISR
Les commentaires suivants sont basés sur la collecte et le traitement d’informations disponibles sur les sites Internet de Novethic, Association Française de Gestion, Eurosif.
Actuellement il y a 44 organismes de gestions proposant 131 fonds ou compartiments de fonds dits socialement responsable (1), l’encours total s’élève à 8,8 milliards d’euros à fin 2005. Cela représente moins de 1% de la totalité des encours gérés en France par des OPCVM. Pour autant, la croissance des encours de se secteur d’investissement est forte, autour de 20% (2) en 2005, institutionnels et particuliers confondus.
Ces 131 fonds suivent des orientations d’investissement issues de la combinaison, ou au contraire du démembrement des 3 formes majoritaires d’investissement responsable(3).
Majoritairement les fonds ISR français sont des fonds d’actions, suivant une orientation développement durable (critères positifs ou best in class) couplée ou non avec l’exclusion des sociétés « non éthique » de l’univers d’investissement (critères négatifs).
La dernière forme d’ISR, l’engagement actionnarial, fait généralement parti d’une politique générale de l’organisme de gestion et semble être la forme la plus difficile à mettre en place par les petites capitalisations. Elles demandent une organisation assez lourdes et la définition préalable d’une politique d’action des droits de vote.
La méthodologie majoritaire de sélection des titres et donc la suivante :
Les gérants de fonds appliquent un filtre ISR à leur univers d’investissement afin de sélectionner les entreprises les plus performantes vis-à-vis des critères du filtre. A cela, certains gérants de fonds décident d’appliquer des critères d’exclusion pour les entreprises ayant des engagements trop important dans des secteurs dits « amoraux ». A l’issu de ce processus de sélection et/ou d’exclusion, le gérant obtient un univers d’investissement réduit auxquels il va appliquer le processus de sélection financier habituellement suivi par son organisation. Le portefeuille obtenu est ainsi qualifié de socialement responsable et/ou éthique (dans le cadre des exclusions d’offices sur critères moraux).
Les points que nous voulons approfondir sont :
Les différents types de filtres et leur influence sur l’orientation du fond, les types de produits consolidés dans le portefeuille et les restrictions qui se posent dans le montage de celui-ci qui, dans certains cas, peuvent poser des questions sur la réalité de la responsabilité sociale de ces fonds.
(1) Novethic et Eurosif
(2) Novethic
(3)« L’ISR peut prendre 3 formes principales :
- les fonds socialement responsables ou de développement durable : ils intègrent des critères sociaux et environnementaux d’évaluation d’une entreprise cotée qui sont croisés avec des critères financiers pour sélectionner les compagnies les plus performantes d’un point de vue développement durable.
- les fonds d’exclusion : plus répandus dans les pays anglo-saxons, ils excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains secteurs comme l’armement, le jeu, le tabac…
- l’engagement actionnarial : il consiste, pour les investisseurs, à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte par un dialogue direct, mais aussi par l’exercice des droits de vote en assemblées générales. » Citation du site web de Novethic
Rédigé par: Vincent | le 01 février 2007 à 07h50