PYTHEAS
Pour agir nous avons besoin de penser, c’est-à-dire de définir les conditions et les objectifs de notre action, elle-même inscrite dans des processus de gestion du changement. A cet égard et de manière métaphorique, la référence à Pythéas nous semble emblématique à plus d’un titre. Tout d’abord, ayant vécu au IVième siècle avant Jésus-Christ il souligne un continuum socio-culturel du fait de sa trajectoire, au propre comme au figuré. En effet, il est resté dans l’histoire (cité par Strabon, Dicéarque, Timée-[1]) comme un entrepreneur qui voyagea du Sud au Nord au-delà de notre « économie monde »-[2] (Braudel, 1979), à la découverte de l’autre, de la différence et donc de la diversité. Ensuite, ce nom souligne notre ambition de nous placer d’emblée dans une perspective non géographique mais culturelle insistant sur l’importance des collectifs au sein desquels des personnes peuvent exprimer leurs compétences et aspirations. Enfin, il est un emblème de la nécessité de ne pas hésiter à aller vers d’autres horizons, d’autres rivages pour renforcer notre capacité d’actions et de développement. Pour ce faire, il importe de promouvoir un esprit entrepreneurial qui ne soit pas uniquement celui du chef d’entreprise mais celui de chacun dans sa capacité à libérer son intelligence et ses capacités d’actions. Pour cela, il importe, comme lorsqu’on va à la découverte, de reconnaître comme une richesse la diversité et de la traiter en tant que telle et non comme un écart à une moyenne, comme une valeur aberrante perturbant « le » modèle. Par conséquent, nous ne pouvons pas opposer l’individu à son milieu, pas plus que la somme des individus ne peut expliquer la dynamique collective dans laquelle chacun, à l’image de Pythéas, va puiser ses ressources pour entreprendre.
[1] Journes, Georgelin, 2000.
[2] « un univers en soi, un tout » qui « est la couche supérieure » de la vie économique de la mer méditerranée et des régions qui en dépendent ; « elle transgresse » les limites issues des différences culturelles. Braudel, 1979, tome 3 page 12.

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