Ma Photo

Vocation de ce blog

  • Construction de sens
    Il s’agit d’un espace ouvert dans le respect de l’autre mais soucieux aussi de favoriser la confrontation des idées. Cet espace est construit par nos interactions, source de sens, en particulier dans le cadre des cours que je donne ou que j’anime. Voir aussi Vox Academia (http://www.voxacademia.com/)

Les commentaires récents

Ouvrages

« mai 2007 | Accueil | septembre 2007 »

12 juillet 2007

Mieux travailler pour mieux vivre.

Vivre et travailler sont ils synonymes ? Si oui, est ce que le travail est seulement salarié ? En répondant non, nous devons alors réfléchir au sens du travail, sa diversité et les différentes manières de le valoriser. Si nous répondons non, non seulement il faut aussi se poser la question subsidiaire posée à la suite de la première, mais en plus il faut questionner les raisons du débat autour du travailler plus pour gagner plus.

J’en reviens donc au débat sur les 35 heures. Ce débat est idéologique au sens épistémologique de terme : « science qui a pour objet l'étude des idées » (Destutt de Tr., Mém. sur la faculté de penser ds Mém. de l'Inst. Nat. des Sc. et Arts, Sc. mor. et pol., t. 1, p. 325 ; source http://www.cnrtl.fr/etymologie/idéologie Centre National des Ressources Textuels et Lexical). Il s’agit donc d’idées que nous avons sur notre monde, il s’agit donc d’hypothèses aussi. En tout état de cause, cela est un construit social qui n’a rien ni de naturel, ni d’évident.

Dans ce débat, il y a donc aussi des idées implicites. L’une d’entre elle, est celle qui laisse entendre que le travail est rédempteur, sain car évitant l’oisiveté source de tous les maux que seul l’intérêt du gain peut contrer (travailler plus pour … gagner plus ; voir Hirschman « Passions et Intérêts » PUF). Pourtant, certains on fait l’éloge de la paresse …. Ce débat posé en ces termes est vieux comme le système ; déjà au 19° siècle il fallait enfermer les oisifs (voir Foucault « naissance de la clinique » et « surveiller et punir ») et, en premier lieu, ceux qui ne travaillaient pas, ainsi que lutter contre la charité qui était une forme perverse d’incitation à ne pas travailler, l’enfer étant pavé de bonnes intentions (comme quoi rien de nouveau sous le tripalium http://www.cnrtl.fr/etymologie/travail ).

D’autres insistent sur le fait que le travail ne peut pas être réduit à sa forme salariale et que le question est alors aussi celle de la place pour d’autres formes (privé, indépendant, associatif, bricolage et autres passions …).

L’intérêt de ce débat, et la force des tenants du « plus plus », est que pendant ce temps un autre débat est passé à la trappe ; celui des gains de productivité et de leurs usages ou affectation. Que le profit soit un surplus ou ce qui reste une fois vendu le produit, là n’est pas la question (quoique !), ce qui apparaît c’est qu’il provient de quelque part, d’un échange plus ou moins inégal. Pour les « plus plus », il y a pourtant un enjeu : comment maintenir la répartition actuelle des gains de productivité ? Cet enjeu peut être pris par le petit bout de la lorgnette sous un angle moral. Il me paraît plus intéressant d’expliciter l’hypothèse théorique sous jacente (déjà abordé dans mes notes). Celle ci consiste à dire que si l’actionnaire est correctement (bien ou trop ou pas assez selon les points de vue) rémunéré, il peut alors prendre les bonnes décisions et donc investir dans les bons projets qui lui sont présentés. Ceux ci trouvant à se financer, vont permettre d’investir (faire travailler des fournisseurs), d’embaucher et de former, et de satisfaire des clients qui vont à leur tour satisfaire des clients. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Autrement dit on fait l’hypothèse que l’intérêt particulier de l’actionnaire est le meilleur moyen de réaliser l’intérêt collectif. Hypothèse forte certes mais qui a une certaine pertinence à condition de pouvoir la discuter, surtout si on se rappelle que notre démocratie, ou du moins ses fondements, résulte d’un système social fondé sur l’esclavage ! N’y a t il pas moyen d’avancer dans l’intérêt de tous et non au détriment d’une majorité ?

On pourrait penser que les tenants du « plus plus » nous disent, compte tenu de notre niveau de vie et pour préserver l’essentiel (qui serait à définir), que les gains de productivité doivent être affectés en priorité aux actionnaires et que donc pour gagner plus il faudra travailler plus. Dur mais franc.

Il me semble néanmoins qu’il y a place pour de la contestation, de l’interpellation, de la créativité ! Tout d’abord, comment justifier cette place centrale accordée à un acteur (comme on dit). Cet acteur exerce une fonction sociale important mais pourquoi confondre la fonction (investir) et le citoyen qui n’en est que le vecteur chanceux ? La seule différence entre les rêves d’un salarié (qui assure une autre fonction sociale, celle du travail) et ceux d’un actionnaire réside dans le niveau des ressources disponibles et la qualité du temps libre dont il bénéficie pour les réaliser (sans parler de l’histoire de chacun qu’un autre débat sur les droits de succession nous rappelle car c’est une autre manière de réintroduire l’idée de lignage, de féodalité, de droit de tirage sur l’avenir au nom du passé, du travail passé de quelqu’un d’autre). Cette différence entre les rêves des uns et des autres résulte de la manière dont nous décidons (au sein de la Cité) de la répartition des gains de productivité. Dit autrement, travailler plus pour gagner plus, c’est accroître l’intensité du travail (c’est à dire de ne retenir que la dimension quantitative ; http://www.cnrtl.fr/etymologie/intensité) au détriment de la productivité (c’est à dire la dimension qualitative ; http://www.cnrtl.fr/etymologie/productif).

Ne devons nous pas redonner aux citoyens la place qui leur revient dans la définition explicite et la réalisation effective du bien être collectif en lieu et place de la seule figure métaphorique de l’actionnaire à qui la finance a confié ce rôle ? Peut on accepter sans débat que la seule addition de maximisation de fonction d’utilité individuelle garantisse la maximisation du bien être collectif ? Rendre le consommateur citoyen, renforcer la responsabilité citoyenne des entreprises, beau challenge !!!

Menu


  • Euromed Marseille

ETHOMED

  • Comment favoriser l'investissement socialement responsable ? Comment financer ici et ailleurs les projets permettant un développement durable dans ses 3 dimensions, humaine, écologique et économique ?

Moteur de recherche

  • Google
    Blog Web

Animation des projets étudiants

  • Ethomed promotion 2007-2008
    Mise en oeuvre et coordination du projet ETHOMED dans le cadre du cours Management de la diversité et de l'action économique
  • ETHOMED promo 2006 -2007
    Animation du cours Management de la diversité et de l'action économique pour le projet ETHOMED

mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Sens

  • 1erepierre
    mes errances, mes espaces, mes temps libres