Ma Photo

Vocation de ce blog

  • Construction de sens
    Il s’agit d’un espace ouvert dans le respect de l’autre mais soucieux aussi de favoriser la confrontation des idées. Cet espace est construit par nos interactions, source de sens, en particulier dans le cadre des cours que je donne ou que j’anime. Voir aussi Vox Academia (http://www.voxacademia.com/)

Les commentaires récents

Ouvrages

« octobre 2007 | Accueil | décembre 2007 »

24 novembre 2007

Le temps, la finance et la religion

Je trouve que la finance et la religion (en tous cas les trois religions monothéistes) partagent une croyance: le fait que le futur (qu'il soit de notre temps ou hors notre temps) vaut plus que le présent. En effet en finance, une des règles de base, ou du moins un principe communément admis, est que toute décision d'investissement doit se faire en comparant le montant de celui-ci et les flux de revenus futurs actualisés, c'est à dire exprimés en "équivalent temps présent", la Valeur Actuelle Nette (VAN). Autrement dit, il y a un arbitrage, connu aussi sous le nom de " degré d'aversion au risque" dont le niveau "0" est traduit par l'adage bien connu "un tu le tiens vaut mieux que deux tu l'auras". Cet arbitrage est un pari et je n'ai rien contre, mais il valorise le futur comme si celui-ci était prévisible dans les mêmes conditions que le présent et comme si par construction demain est mieux que maintenant.

La religion quant à elle nous dit finalement " fait de ton mieux maintenant en suivant les règles de tes textes sacrés car demain, dans l'au-delà, tu trouveras plénitude, bonheur et autres vierges pour l'éternité". Le non respect des règles te vaudra l'enfer, comme une mauvaise décision d'investissement peut amener la déchéance et la misère (en général d'ailleurs en terme de dégats collatéraux plus pour les tiers que pour l'investisseur).

Il est quand même étrange que dans un monde à qui on reproche l'immédiateté, le manque de sens et le besoin d'en reconstruire, le futur (version moderne de l'herbe est plus verte ailleurs) ait une telle dimension positive. Cela est d'autant plus étrange que toute utopie est bannie, celui en exprimant une étant considéré au mieux comme un doux rêveur alors que il ou elle ne fait pas autre chose que d'imaginer que demain peut être différent, à défaut d'être mieux, que maintenant comme un financier ou un croyant.

Ce débat, du moins mon interrogation, peut trouver une partie de ses motivations dans les questionnements sur le sens du monde, la responsabilité sociale, le bien-être collectif (Jensen, 2001 ; Paranque, 2004), qui nous montrent la résurgence du besoin de sens pour lequel d’aucuns (re)mobilisent le divin pour tenter de réduire l’opposition entre intérêt particulier et intérêt général, ne faisant, par la même, que refléter l’absence de sens collectif perçu. Si Ricœur (1997) peut analyser l’idéologie comme l’expression d’un sens permettant l’action de chacun dont le contraire est la pratique (et non la science ; voir page 22), mais qui « l’enferme » dans le passé, c’est parce qu’en même temps il affirme l’utopie comme le moyen de sortir du cadre fixé par l’idéologie : « ce qui est en jeu dans une utopie, c’est le fait d’imaginer une autre manière d’exercer le pouvoir» (idem, page 256). De ce point de vue, il y a une très forte proximité avec l’innovation, puisque celle-ci procède d’une certaine manière d’une utopie fondatrice qui permet de sortir du cadre établi, en s’appuyant pourtant sur les ressources de ce cadre. Il s’agit donc d’une qualité managériale déterminante.

Ce débat s’inscrit dans l’héritage d’une pensée commune qui est celle des XIII et XIV siècles présentée par Thomas d’Aquin et qui pose que le bien de la partie doit être subordonné au bien du tout : « D’abord, la finalité propre de l’espèce, celle de l’humanité, s’incarnera dans le bien de la société qui ne se réduit pas plus à la somme des biens des individus que la société n’est elle-même réductible à la somme des individus qui la compose. » (Béraud et Faccarello,1992, page 26). Après le divin (Béraud, Faccarello, 1992), le «Prince» (Hirschman, 1980), le marché (Vergara, 2006) et maintenant l’actionnaire (Jensen, 2001), de quelle figure symbolique avons-nous besoin pour construire le bien-être collectif ? Est-il possible de passer de la création de valeur actionnariale - et sa figure emblématique qu’est l’actionnaire - à la création de valeur de liens (Cova et Paranque, 2007) dont la personne « citoyen-consommateur » serait le nouvel acteur ?

02 novembre 2007

Hèrerance

Difficile de contester la réaction épidermique au jour le jour et de vouloir partager des interrogations pour se situer. C'est pourquoi j'aimerais bien débattre de la post-modernité, et l'effritement annoncé dont les intégrismes ne sont qu'une des manifestations, et de l'après post-modernité.

Avec Bernard Cova, mais ici je n'engage que moi, nous présentons un papier qui se conclut ainsi (colloque RMEM, novembre 2007, Marseille):

"Un véritable débat est donc ouvert qui nous permet de dire avec Sève (2004, 2005) qu’il y a peut être à rechercher du côté de la dialectique un cadre fécond qui ni se réduit aux individus, ni se perd dans le tout et la globalité. Ce débat souligne le défi qu’il y a à penser l’émergence : si on ne peut penser le monde que par référence à un corpus de pensées établit alors quid de la genèse d’une nouvelle approche ? Michel Bakounine (1965) nous dit que « c’est en cherchant l’impossible que l’homme a toujours reconnu et réalisé le possible, et ceux qui s’en sont tenus à ce qui leur paraissait le possible n’ont jamais avancé d’un seul pas » (p 33). Ce défi, redoublé par cette citation, est justifié par le questionnement qui surgit de l’espace méditerranéen qui nous interpelle sur notre capacité à promouvoir un autre style de management. D’aucuns nous disent que de cette Méditerranée, seule existe une hétérogénéité sans cohérence si ce n’est celui d’une certaine proximité. Toutefois, nous refusons ce double enfermement géographique et intellectuel et nous voulons, en cherchant un « impossible », trouver une authenticité qui ne soit pas réactionnaire, c'est-à-dire tournée vers le passé, mais qui ouvre le champ des possibles en proposant une nouvelle modernité qui réhabilite le temps long, l’informel …… ."

Que faire alors quand Claude Javeau dans "Les paradoxes de la post-modernité" (PUF, 2007) nous renvoie à un statut de mouton de Panurge ou de plouc car la renvendication du singulier revient, dans un monde marchand, à n'être que des consommateurs de masse soumis à l'industrie culturelle de masse?

Menu


  • Euromed Marseille

ETHOMED

  • Comment favoriser l'investissement socialement responsable ? Comment financer ici et ailleurs les projets permettant un développement durable dans ses 3 dimensions, humaine, écologique et économique ?

Moteur de recherche

  • Google
    Blog Web

Animation des projets étudiants

  • Ethomed promotion 2007-2008
    Mise en oeuvre et coordination du projet ETHOMED dans le cadre du cours Management de la diversité et de l'action économique
  • ETHOMED promo 2006 -2007
    Animation du cours Management de la diversité et de l'action économique pour le projet ETHOMED

mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Sens

  • 1erepierre
    mes errances, mes espaces, mes temps libres