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  • Construction de sens
    Il s’agit d’un espace ouvert dans le respect de l’autre mais soucieux aussi de favoriser la confrontation des idées. Cet espace est construit par nos interactions, source de sens, en particulier dans le cadre des cours que je donne ou que j’anime. Voir aussi Vox Academia (http://www.voxacademia.com/)

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17 posts de la catégorie "Enjeux et Cité"

12 mai 2008

Le temps de la Toscane ....

--- ou d'ailleurs. Le temps du temps. Pléonasme ? Je n'en suis pas sûr. J'ai beaucoup parlé de l'approche euromédienne et de ses concepts: complexité, diversité et temporalité....
En visitant le Duomo de Sienne (fin du XII°-XIV° siècle) ou la cathédrale de Florence (1296-1436) , bien  qu'il y ait d'autres lieux ou d'autres réalisations similaires du point de vue du rapport au temps, je me suis demandé si nous étions encore capables de travailler pour dans 100, 200 ans ? Dit autrement, il a fallu financer ces travaux et donc assurer d'une certaine manière une évaluation de la "performance" attendue. Or, ce qu'on pourrait appeler "le retour sur investissement" n'est pas à échelle humaine. Celui/ceux qui a/ont travaillé, celui/ceux qui a/ont conçu, celui/ceux qui a/ont financé le projet n'en a/ont pas vu l'achèvement de leur vivant ni pu en apprécier l'efficacité, pour reprendre un terme à la mode !!!
Sommes-nous encore capables de concevoir des projets dont nous accepterions de ne pas voir la réalisation, l'accomplissement  à l'échelle d'une génération ou plus ? Je ne sais pas. En revanche, il est clair que le temps de notre finance dite moderne est éphémère. Le temps euromédien n'est pas seulement celui de la Méditerranée (un peu cliché), mais celui de la durée dans laquelle s'inscrit l'humanité. Il est de bon ton de parler de la dette supposée grever l'avenir de nos enfants ou des menaces écologiques qui pèsent sur eux, mais ne serait-il pas plus mobilisateur pour les vivants comme pour ceux à venir, de nous réinscrire dans le temps long de la solidarité et du témoignage de l'engagement ?

11 avril 2008

Chine et éthique

Un  billet en passant. Avec la flamme olympique annonçant les jeux de Pékin, des exigences et des requêtes sont adressées aux gouvernants pour les inciter à exiger, sous ou une forme ou une autre, le respect des Droits de l'Homme, en particulier au Tibet. Je vais être une fois de plus naïf. Mais pourquoi n'adresse-t-on pas à la société civile, souvent appelée à la rescousse dans le débat national sur les enjeux de démocratie et de politique économique, les mêmes demandes ? Pourquoi ne pas appeler au gel, par les entreprises, de leur implation en Chine, au boycott des sous-traitant chinois, à l'arrêt des joint-venture avec les sociétés chinoises,tant que les Droits de l'Homme ne seront pas respectés? Oui, je sais, ce n'est pas réaliste et il est plus facile de demander aux sportifs de ne pas participer aux Jeux ou au Gouvernement de boycotter les jeux ou la cérémonie d'ouverture.

05 mars 2008

Pour une fois, changeons un peu d'air ...

J'ai envie d'écouter Le Barbier de Séville et de réflechir sur le message qu'il véhicule. Quelle est la responsabilité de chacun dans la vie d'autrui ? Il faut plus de temps à un arbre pour pousser que pour être abattu .. Mon collègue Ernesto Tapia-Moore dirait qu'on n'entend pas un arbre pousser mais diable quel bruit il fait quand il tombe !

"Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime
Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue (...)" (Aragon, Un jour, un jour ...)

14 février 2008

Le Divin et le Politique

"Le drame du XXe siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence", a réaffirmé le chef de l'Etat lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Cette affirmation du Chef de l’Etat vise des évènements bien particulier : l’extermination de personnes en raison de leur foi, de leur religion, mais aussi pour certains et d’autres en même temps ou non, en raison de leur engagement politique ou de leur sexualitée. La Shoa est alors plus qu’un symbole et une mémoire à entretenir mais une exigence d’actions au quotidien pour que « plus jamais çà ». Cela implique alors de définir le cadre de cette action.

Pour ce faire, on pourrait effectivement dire que l’absence de l’idée, je préciserais « juste », de Dieu, a pesé dans ces horreurs. Toutefois, je suis mal à l’aise car dans le même temps tout cela a été aussi fait (même si à d’autres périodes de l’histoire ce n’était pas le cas) par des gens dont la boucle de ceinturon portait « Got mit uns », référence qu’on retrouve encore aujourd’hui dans d’autres langes et pour d'autres armées sous une forme ou une autre; comme si le militaire avait besoin de la bénédiction divine pour justifier ses actions...

En d’autres temps et d’autres lieux, c’est l’excès de présence d’idées différentes de Dieu qui a poussé à ces horreurs que ce soit les conquêtes ou les missions « d’évangélisation ». Je pense ainsi que c’est cet excès qui est cause des problèmes ; excès dans l’idée même que les uns et les autres se font de l’idée de Dieu, comme le montre les guerres de religions.

Pour moi, la religion est, au sens strict, un projet politique dans l’acception noble du terme, une idéologie au sens de Ricœur : « ce qui est en jeu dans toute idéologie c’est en fin de compte la légitimation d’un certain système d’autorité » (Ricœur, Idéologie et Utopie, page 256, Seuil, 1997). Autrement dit le pouvoir, pouvoir de faire, d’agir, de proposer mais aussi de nuire, est au cœur de la problématique. Comme Ricœur le dit « (…) c’est au travers d’un processus idéologique qu’on saisit sa propre motivation dans la relation au pouvoir » (page 284). Beau sujet de réflexions pour nos responsables politiques.

Dans ce contexte la question que nous devons nous poser est celle du Politique comme capacité à donner et faire partager une vision, une utopie, c'est-à-dire « une autre manière d’imaginer exercer le pouvoir » (idem, page 256).

Il apparaît alors que moins d’une « redoutable absence » c’est bien d’un excès de confusion dans l’idée de Dieu que nait le drame. En l’absence d’Agora, en l’absence de débats sur notre société ou plutôt avec l’absence de regard critique sur les fondements philosophiques de notre modèle économique qui place l’actionnaire au cœur de la réalisation du bien être collectif (voir Jensen, M C. (2001), “Value Maximization, Stakeholder Theory, and the Corporate Objective Function" . http://ssrn.com/abstract=220671), il est difficile de répondre aux questionnements qui nous touchent les uns et les autres face à ce monde dont les finalités parfois nous échappent. Ricœur encore précise que « La religion fonctionne comme une idéologie lorsqu’elle légitime le pouvoir en place, comme une utopie dans la mesure où elle constitue une motivation qui nourrit la critique » (page 305, c’est moi qui souligne). A ce jour, j’analyse l’idéologie de la mobilisation du recours au divin comme « un système de résistance : elle résiste à la reconnaissance de ce que nous sommes, de qui nous sommes » (Ricœur, page 318). Je ne perçois nulle part l’effort critique (à ne pas confondre avec l’anathème, la condamnation …) de dépassement, d'ouverture sur les autres.

Je rejoins alors totalement Ricœur quand il met en avant le rôle de l’éducateur et du politique dans cette maïeutique du sens et de son partage avec et par les collectifs.

Je ne crois pas que la mobilisation du Divin soit le meilleur moyen de répondre à la diversité des demandes que nous adressent les populations et nos propres exigences de vie. En effet, sa mobilisation renvoie elle-même à une telle diversité de représentation et de valeurs qu’il est illusoire, sur ce terrain là, de trouver un compromis nous permettant d’agir ensemble. Au contraire cette diversité doit être une force qui nous aide à repérer ce que nous avons en commun en-deçà ou au-delà (peu importe) de nos convictions religieuses (on non). De ce fait, ce nécessaire compromis est forcément Politique ET laïque.

02 février 2008

Radio Dialogue Futurs Composés (octobre 2007)

Entretien sur Radio Dialogue (octobre 2007)

27 décembre 2007

Si la femme est l'avenir de l'homme

comme le dit Aragon, alors notre avenir est sombre. Benazir Bhutto, est morte, jeudi 27 décembre. Une connue pour des milliers et plus anonymes !!! L'avenir de l'homme est noir s'il s'agit de tuer, soumettre, dominer la moitié de l'humanité. Je me demande ce que les hommes ont réellement dans le ventre (pour rester poli).

"Dans presque tous les pays les femmes sont esclaves; tant qu'elles ne seront pas complètement émancipées, notre propre liberté sera impossible" (Bakounine -1814-1876, Mazzini, 110-111, 71, cité in Bakounine La Liberté, par JF Revel, JJ Pauvert éditeur 1965, page 49).

A toutes, Heureuse Année 2008; à tous, que la liberté soit celle de tous et de toutes.

21 décembre 2007

Nouvelle année et beaucoup d'ambitions

Un post de fin d'année et d'année nouvelle. Le monde a besoin d'imagination et de personnes qui veulent que leurs rêves deviennent réalité. Cela s'appelle l'innovation, la créativité. Les entreprises en ont besoin, la Cité le réclame. Soyez différent en osant. Bienvenue dans les mondes. Bonne année à ceux qui voient les mondes autrement, bonne année à ceux qui veulent les voir autrement et bonne année à tout le monde

24 novembre 2007

Le temps, la finance et la religion

Je trouve que la finance et la religion (en tous cas les trois religions monothéistes) partagent une croyance: le fait que le futur (qu'il soit de notre temps ou hors notre temps) vaut plus que le présent. En effet en finance, une des règles de base, ou du moins un principe communément admis, est que toute décision d'investissement doit se faire en comparant le montant de celui-ci et les flux de revenus futurs actualisés, c'est à dire exprimés en "équivalent temps présent", la Valeur Actuelle Nette (VAN). Autrement dit, il y a un arbitrage, connu aussi sous le nom de " degré d'aversion au risque" dont le niveau "0" est traduit par l'adage bien connu "un tu le tiens vaut mieux que deux tu l'auras". Cet arbitrage est un pari et je n'ai rien contre, mais il valorise le futur comme si celui-ci était prévisible dans les mêmes conditions que le présent et comme si par construction demain est mieux que maintenant.

La religion quant à elle nous dit finalement " fait de ton mieux maintenant en suivant les règles de tes textes sacrés car demain, dans l'au-delà, tu trouveras plénitude, bonheur et autres vierges pour l'éternité". Le non respect des règles te vaudra l'enfer, comme une mauvaise décision d'investissement peut amener la déchéance et la misère (en général d'ailleurs en terme de dégats collatéraux plus pour les tiers que pour l'investisseur).

Il est quand même étrange que dans un monde à qui on reproche l'immédiateté, le manque de sens et le besoin d'en reconstruire, le futur (version moderne de l'herbe est plus verte ailleurs) ait une telle dimension positive. Cela est d'autant plus étrange que toute utopie est bannie, celui en exprimant une étant considéré au mieux comme un doux rêveur alors que il ou elle ne fait pas autre chose que d'imaginer que demain peut être différent, à défaut d'être mieux, que maintenant comme un financier ou un croyant.

Ce débat, du moins mon interrogation, peut trouver une partie de ses motivations dans les questionnements sur le sens du monde, la responsabilité sociale, le bien-être collectif (Jensen, 2001 ; Paranque, 2004), qui nous montrent la résurgence du besoin de sens pour lequel d’aucuns (re)mobilisent le divin pour tenter de réduire l’opposition entre intérêt particulier et intérêt général, ne faisant, par la même, que refléter l’absence de sens collectif perçu. Si Ricœur (1997) peut analyser l’idéologie comme l’expression d’un sens permettant l’action de chacun dont le contraire est la pratique (et non la science ; voir page 22), mais qui « l’enferme » dans le passé, c’est parce qu’en même temps il affirme l’utopie comme le moyen de sortir du cadre fixé par l’idéologie : « ce qui est en jeu dans une utopie, c’est le fait d’imaginer une autre manière d’exercer le pouvoir» (idem, page 256). De ce point de vue, il y a une très forte proximité avec l’innovation, puisque celle-ci procède d’une certaine manière d’une utopie fondatrice qui permet de sortir du cadre établi, en s’appuyant pourtant sur les ressources de ce cadre. Il s’agit donc d’une qualité managériale déterminante.

Ce débat s’inscrit dans l’héritage d’une pensée commune qui est celle des XIII et XIV siècles présentée par Thomas d’Aquin et qui pose que le bien de la partie doit être subordonné au bien du tout : « D’abord, la finalité propre de l’espèce, celle de l’humanité, s’incarnera dans le bien de la société qui ne se réduit pas plus à la somme des biens des individus que la société n’est elle-même réductible à la somme des individus qui la compose. » (Béraud et Faccarello,1992, page 26). Après le divin (Béraud, Faccarello, 1992), le «Prince» (Hirschman, 1980), le marché (Vergara, 2006) et maintenant l’actionnaire (Jensen, 2001), de quelle figure symbolique avons-nous besoin pour construire le bien-être collectif ? Est-il possible de passer de la création de valeur actionnariale - et sa figure emblématique qu’est l’actionnaire - à la création de valeur de liens (Cova et Paranque, 2007) dont la personne « citoyen-consommateur » serait le nouvel acteur ?

02 novembre 2007

Hèrerance

Difficile de contester la réaction épidermique au jour le jour et de vouloir partager des interrogations pour se situer. C'est pourquoi j'aimerais bien débattre de la post-modernité, et l'effritement annoncé dont les intégrismes ne sont qu'une des manifestations, et de l'après post-modernité.

Avec Bernard Cova, mais ici je n'engage que moi, nous présentons un papier qui se conclut ainsi (colloque RMEM, novembre 2007, Marseille):

"Un véritable débat est donc ouvert qui nous permet de dire avec Sève (2004, 2005) qu’il y a peut être à rechercher du côté de la dialectique un cadre fécond qui ni se réduit aux individus, ni se perd dans le tout et la globalité. Ce débat souligne le défi qu’il y a à penser l’émergence : si on ne peut penser le monde que par référence à un corpus de pensées établit alors quid de la genèse d’une nouvelle approche ? Michel Bakounine (1965) nous dit que « c’est en cherchant l’impossible que l’homme a toujours reconnu et réalisé le possible, et ceux qui s’en sont tenus à ce qui leur paraissait le possible n’ont jamais avancé d’un seul pas » (p 33). Ce défi, redoublé par cette citation, est justifié par le questionnement qui surgit de l’espace méditerranéen qui nous interpelle sur notre capacité à promouvoir un autre style de management. D’aucuns nous disent que de cette Méditerranée, seule existe une hétérogénéité sans cohérence si ce n’est celui d’une certaine proximité. Toutefois, nous refusons ce double enfermement géographique et intellectuel et nous voulons, en cherchant un « impossible », trouver une authenticité qui ne soit pas réactionnaire, c'est-à-dire tournée vers le passé, mais qui ouvre le champ des possibles en proposant une nouvelle modernité qui réhabilite le temps long, l’informel …… ."

Que faire alors quand Claude Javeau dans "Les paradoxes de la post-modernité" (PUF, 2007) nous renvoie à un statut de mouton de Panurge ou de plouc car la renvendication du singulier revient, dans un monde marchand, à n'être que des consommateurs de masse soumis à l'industrie culturelle de masse?

01 octobre 2007

Humeur (mise à jour)

Ceci est une note d'humeur.

Je suis d'accord avec la nécessité de revoir, réviser les recettes de hier pour voir si on ne peut pas mieux faire car il n'y a aucune raison que ce qui valait pour hier vaille pour demain.

Ceci étant à force de parler de réduction, allègement, baisse des charges, de la fiscalité, je me demande qui va payer et quoi demain. Car les mêmes qui demandent à tort ou à raison ces réductions, exceptions et autres allègements sont les mêmes qui veulent plus de qualité dans l'enseignement, un meilleur accueil à l'hôpital, une meilleure prise en charge sociale, plus de sécurité, plus d'aides pour les aider à investir, exporter et je ne sais quoi d'autres ...

Je vois mal comment on peut demander de la solidarité et ne pas s'en donner les moyens; je comprends mal qu'on demande des allègements pour soi et plus de solidarité ! la solidarité est aussi financière. Il ne faut pas confondre l'absence de démocratie, d'évaluation et d'efficacité des politiques publiques mais aussi privées, avec la réduction des moyens que nous devons consacrer à notre projet collectif. Il est vrai que le débat sur ce dernier en étant caricatural ne simplifie pas la vie démocratique.

La vraie question n'est elle pas de décider de ce que nous voulons collectivement pour en accepter le financement individuellement ? A titre d'exemple, le Ministère du travail évalue à 30 milliards d'euros en 2005 la politique de l'emploi (allègements fiscaux, sociaux ...) ... On peut se poser la question de l'évaluation de ce coût qui correspond aussi à moins de ressources (Alternatives Economiques, octobre 2007, n°262 et www.travail.gouv.fr rubrique "études et statistiques".

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