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17 avril 2008

Ethomed 2008

ETHOMED: « La finance autrement... »

Interpellations

Emergeant de la vision d’Euromed Marseille - Ecole de Management, le projet  ETHOMED propose une nouvelle approche de la finance réunissant étudiants, investisseurs, porteurs de projet, associations, et chercheurs pour un développement citoyen.

Dans un article d’octobre 2001, Jensen souligne les limites opérationnelles de l’interprétation/utilisation courante qui est faite de la maximisation de la valeur et de la théorie des parties prenantes.

En effet, d’un côté on a l’affirmation que la maximisation de la valeur pour l’actionnaire, avec tous les problèmes de contrôles que cela génère, est le meilleur moyen, en économie de marché, pour atteindre le bien-être collectif, de l’autre il y a l’affirmation de la nécessité (du besoin) de prendre en compte les intérêts de toutes les parties prenantes à la firme, des clients à tous les fournisseurs en passant par les salariés et la société (vision traditionnelle). La complémentarité vient de l’affirmation par Jensen de la nécessité de comprendre la maximisation de la valeur d’un point de vue collectif et que le bien-être social, n’est alors atteint que si, d’une part, « toutes les valeurs » portées par chaque partie prenante sont maximisées et, d’autre part, que cette maximisation se fasse sur le long terme. Il y a donc la reconnaissance de la firme comme une organisation historique et complexe.

Toutefois, il apparaît une difficulté opérationnelle si on veut que les managers maximisent la valeur ainsi entendue dans la mesure où les objectifs des différentes parties prenantes n’ont aucune raison d’être convergents a priori. Cette critique vaut aussi bien du point de vue de la maximisation de la valeur (comment gérer plusieurs objectifs à la fois) que de celui de la théorie des parties prenantes (comment définir un objectif commun).

De fait, si Jensen reconnaît la pertinence de la théorie des parties prenantes, pour autant il considère qu’elle n’est pas à même de lever l’impossibilité qu’il y a à gérer plusieurs objectifs, le plus souvent divergents. Il affirme alors la nécessité de l’accord (« agreement »). Il s’agit en effet de définir les procédures de concertation permettant aux parties prenantes d’élaborer, d’une part, des objectifs communs (le pluriel sous-entendant la nécessité de aussi hiérarchiser ces objectifs) et, d’autre part, les modalités de leurs réalisations et donc du suivi (« monitoring ») de l’évaluation de la performance de l’organisation sous la responsabilité du manager/dirigeant.
La question centrale est alors celle de la mise en œuvre de cette dynamique et de notre capacité à répondre aux besoins des parties prenantes (stakeholders).
(source : Mitchell, Agle et Wood, 1997).

  D’après Mitchell, Agle et Wood (1997) il est possible de qualifier les parties prenantes à l’aide de 3 concepts : le pouvoir, la légitimité et l’urgence. Leur conjugaison permet de définir les conditions d’exercice de la gouvernance requise et de préciser les modalités d’actions et les qualités exigées. On pourrait proposer les relations suivantes :
  Pouvoir → les entreprises créatrices de richesses, pouvoir de répondre aux besoins et d’agir.
  Légitimité → les attentes de la société civile et des citoyens la composant, légitimité des attentes comme le montre les débats de sociétés sur l’environnement, les modèles sociaux de régulations.
  Urgence → les enjeux sur l’avenir et les besoins de développement de la planète.

 
Notre réflexion se concentre alors, d’une part, sur la définition de l’objectif commun et, d’autre part, sur les  moyens à mettre en place pour atteindre le compromis nécessaire à cette définition.

  ETHOMED interpelle l’approche de Jensen en proposant d’inverser la représentation habituelle donnée plus haut (vision traditionnelle). Est-il possible de proposer un objectif sociétal (La Cité) et des mesures de la performance correspondante, en  mobilisant la création de valeur actionnariale comme un outil de coordination interne à la firme pour l’atteindre?

  Nous nous interrogeons sur la possibilité de proposer des indicateurs complémentaires permettant de piloter la maximisation de la valeur ajoutée pour l’ensemble des parties prenantes, sous contrainte de la rémunération de leur prise de risque. Cette prise de risque ne peut pas être analysée au seul plan individuel comme le montre l’intervention régulière du législateur, des institutions régulatrices, voire de l’Etat, pour pallier les insuffisances du marché révélées par les crises. L’actualité nous montre en effet, que le « collectif » prend aussi des risques résultant de l’initiative privée, légitimant son intervention dans la maximisation du bien-être social.

Etat de la finance

Enron, Subprimes, Société Générale... autant d’exemples révélant les limites de la manière dont nous utilisons la finance.

Notre monde économique ne peut se concevoir sans la finance. Tout investissement, décision nécessaire à la survie d’une organisation, doit être analysé, programmé, planifié. Il correspond à une anticipation de création de richesse. Les implications en termes de cash flows mettent en jeu la pérennité même d’une activité économique. La finance est donc un vecteur d’échange, une condition à tout développement.

  Toutefois, nous constatons une tendance à sa diabolisation.

Asymétries d’information

  L’actualité récente peut expliquer cette défaveur. L’affaire Enron, par exemple, a marqué les esprits. Elle met en évidence le problème de l’asymétrie d’information. Jusqu’en 2001 et l’annonce de la faillite, la presse spécialisée aussi bien que les grandes agences mondiales de rating louaient les mérites de la firme. Le prix de l’action croissait constamment. Qui pouvait alors savoir que les pertes étaient masquées au moyen de sociétés écrans, que les comptes étaient falsifiés? A partir de là, comment avoir confiance en la finance?

L’accès au financement

  Les PME, trop souvent catégorisées par leur taille (effectif, chiffre d’affaires...), ont plutôt en commun leur difficulté à produire de l’information comprise par l’investisseur ou le prêteur, représentant ainsi pour ces derniers un risque important. Et contrairement à la grande entreprise qui saura produire une connaissance partagée, la PME s’inscrit dans une logique de conviction face à l’apporteur de capitaux, celui-ci estimant les frais de dossier nécessaires à une réelle évaluation de la solvabilité de la PME souvent trop élevés face aux gains de l’opération. Et pourtant, ces entreprises représentent en France 89% des salariés, 64% de la valeur ajoutée,  67% des investissements et un fort potentiel innovant. (source : www.cgpme.fr).

  L’intermédiaire incontournable qu’est le système bancaire, tel qu’il est actuellement, ne répond pas complètement aux besoins de financement des PME. L’enjeu réside alors dans le rétablissement du lien de confiance (crédit) inhérent à la relation prêteur-emprunteur.

Les subprimes...

  Le financement de l’accès à la propriété s’est traduit aux USA par la mise en place d’un produit à taux variable adossant le prêt immobilier à la valeur de marché du bien acquis. Ceci permettait en outre de continuer à emprunter, le crédit additionnel étant garanti par la valorisation du bien.

  En bout de chaîne l’ensemble du risque d’insolvabilité est porté par la communauté toute entière. Quand la crise éclate, les banques centrales doivent intervenir exprimant ainsi le coût à payer d’un point de vue systémique.
(Alternatives Economiques Hors Séries de Février 2008)

Conclusion

  La finance accompagne le développement des échanges et permet de gérer les anticipations en autorisant les arbitrages selon le degré d’aversion au risque des investisseurs. Pour autant, les décisions ne peuvent être prises que si l’information est partagée afin de décider et d’agir en connaissance de cause.

  La multiplication d’outils de plus en plus sophistiqués, la difficulté d’accès à l’information nécessaire à la décision et de son traitement, rendent le système fragile.
  Pour y répondre, il est peut-être opportun de s’interroger sur la nature de la performance sous-jacente entièrement fondée sur la création de valeur actionnariale.

Les réponses actuelles

Les transformations récentes de la finance prennent de plus en plus en compte l’environnement  et la responsabilité sociale. Cela est légitime dans la mesure où les risques sont aussi assumés par la société civile.

  Les réponses apportées nous paraissent en-deçà des enjeux posés par la mondialisation.

Les Investissements Socialement Responsables

  Depuis la prise de conscience de la société sur les enjeux de développement durable, les entreprises ont répondu à cette demande en faisant appel à des agences de notation afin de développer leur image en ce sens.

  La notation est donc une opportunité en termes d’engagement et d’image pour les entreprises sur le plan social, environnemental, celui de la gouvernance, mais aussi sur les risques financiers ainsi que sur leur mode de management.

  Les champs que le « rating » extra-financier analyse sont l’environnement, les ressources humaines, le droit humain, la gouvernance d’entreprise, son comportement sur les marchés et l’engagement sociétal. A cela s’ajoute un service d’analyse ISR (investissement socialement responsable) qui constitue un outil d’aide à la décision pour les investisseurs.

  L’ISR consiste à intégrer des critères sociaux et environnementaux dans toute décision d’investissement sans pour autant abandonner l’idée de recherche de rentabilité financière. Cette action est donc une réponse aux enjeux actuels.
  Bien qu’imparfaite, cette récente prise en compte des ISR dans les décisions d’investissement met néanmoins en relief une tendance actuelle de la société civile qui demande maintenant à l’entreprise de rendre des comptes à la collectivité.

Gouvernance bancaire

  Cette demande a trouvé d’ailleurs une première forme d’expression avec la mise en place de la régulation et de la surveillance bancaire afin de prévenir, autant que possible, la survenance d’une crise systémique.

  Le renforcement des réglementations et leur convergence sur le plan mondial révèlent la prise de conscience du particularisme de l’activité bancaire, notamment en matière de gouvernance.

  La gouvernance  bancaire est un outil de gestion du compromis social nécessaire à la gestion du risque systémique. Elle met en relief le lien existant entre intérêts particuliers et intérêt général montrant ainsi l’implication du « collectif » dans la gestion des risques financiers. Pour autant, les récents évènements (Société Générale) nous montrent que malgré l’intensité des contrôles internes et externes, des failles persistent.

  La haute technicité financière et le montant des sommes échangées (en 4 jours, le système interbancaire français échange le PIB annuel brut de la France soit 1600 Mds €) rendent la compréhension exhaustive de l’activité impossible pour les administrateurs.

  Les normes prudentielles édictées par l'accord Bâle II destinées à appréhender les risques bancaires en obligeant à contrôler les niveaux de fonds propres sont rattrapées par une actualité lourde en défaillances du système (Bear Stearns, Carlyle,...). La recherche du profit à court terme a vécu et démontre ses faiblesses, il apparaît indispensable d'adopter une posture nouvelle au sein des mondes du financement.

Les enjeux du financement « ici et ailleurs »

  Le microcrédit est né d’une lacune du marché du financement. Dans le cadre d’un microcrédit, l’information sur la qualité de la micro-entreprise et de sa gestion est difficile à obtenir. Cela peut amener à écarter des projets potentiellement utiles aux populations. Les organismes de microcrédit se positionnent sur cette cible de clients crédibles qui se voient refuser l’accès au crédit traditionnel.

  Le développement du microcrédit depuis une vingtaine d’années est donc une réponse aux difficultés d’accès au financement de certaines structures dans les PED, mais aussi au sein de nos économies développées. L’attribution du prix Nobel de la paix à Monsieur Mohamad Yunus, fondateur de la Grameen Bank montre qu’après 20 ans d’expérience le microcrédit est reconnu publiquement comme outil pour le développement.
 
  Cependant quels questionnements et limites peut-on dégager de l’activité empirique de la microfinance ?
 
  Premièrement, s’il existe une classification des différents organismes de microfinance (fondations, coopératives d’épargne et de crédit, banques publiques, sociétés anonymes,…), les moyens employés sont très variables. En analysant le développement de la microfinance, l’idée reçue selon laquelle la logique « bottom up » (approche projet) s’est substituée au modèle « top down » (approche grille de critères)  est à corriger car  dans les faits, ces deux logiques interviennent.

  Deuxièmement, la plus importante des critiques exercée à l’égard du microcrédit concerne sa capacité à introduire à moyen et long termes les projets qu’il finance dans les circuits de financement traditionnels.

  Enfin, alors que les premières préoccupations par rapport aux microcrédits concernaient la viabilité financière et l’autonomie des structures, leur « utilité sociale » a ensuite été considérée et mise en avant. Cette évolution d’orientation suggère un paradoxe lié à la pratique du microcrédit : Doit-on privilégier la pérennité des projets ou leurs « externalités » positives sur le milieu social dans lequel ils se développent ? L’ambition d’Ethomed est de montrer que ces deux approches sont conciliables.

Notre ambition...

Partageant des valeurs communes, l’ensemble des parties prenantes d’ETHOMED (associations, chercheurs, investisseurs étudiants, professeurs...) ont  l’ambition de rapprocher investisseurs et porteurs de projet, par l’accompagnement à la production de connaissances partagées, pour un développement économique responsable.

  ETHOMED a pour objectif de permettre l’accès au financement et accompagner des porteurs de projet. En les aidant à créer l’excédent nécessaire pour exister demain et à prendre en compte l’ensemble des conséquences qu’ils auront sur leur environnement, nous voulons montrer aux investisseurs la pertinence d’une « finance autrement ». C’est pour eux le moyen d’investir de façon citoyenne  à travers une structure où le risque est partagé. Ce dernier, généralement lié à la difficulté pour ces projets à produire de l’information, sera géré en les accompagnant dans la production d’information partagée.

Rapprocher investisseurs et porteurs de projet

  « La liberté d’autrui étend la mienne à l’infini. » (M.Bakounine)

  Le développement économique est une des conditions du bien-être collectif. Mais il n’est pertinent que s’il répond aux attentes des populations, ce qui implique la capacité de s’entendre sur les buts poursuivis et les moyens mis en œuvre. Il a besoin aussi que l’émergence de nouveaux projets soit appuyé… Pour cela il faut qu’un porteur de projet et qu’un investisseur se rencontrent. Mais il est difficile de se comprendre lorsqu’on est un porteur de projet ambitieux et déterminé et un investisseur désireux d’appréhender la nature des risques qui lui sont proposés d’assumer.
  Il est donc nécessaire de favoriser l’entendement des parties et la construction de l’accord sur les objectifs fixés et les modalités de leur atteintes. Aujourd’hui afin d’éviter ce risque d’incompréhension de la part d’une des parties, il existe une multitude d’intermédiaires qui font le lien entre elles. En passant par de nombreux intermédiaires les problèmes que rencontrent les parties sont les suivants : le porteur de projet est-il réellement écouté ? L’investisseur est-il réellement compris par le porteur de projet? Est-ce que chacun est au courant des risques que prend l’autre, de ses attentes, de ses besoins… ?

  C’est pour répondre à ces questions que le projet Ethomed est proposé. Son but est de participer au rapprochement de ces deux sphères pourtant si différentes (investisseurs/porteurs de projet). En effet, pour éviter de « materner » les porteurs de projets et de les priver du « droit de parole » face aux investisseurs, nous souhaitons dans un premier temps aider et encadrer le porteur de projet dans la mise en place de son projet, la façon de le gérer, de le mener à bien et de faire face aux risques..., mais également sensibiliser et convaincre les investisseurs de l’utilité sociale du projet. Faire prendre conscience à ces derniers, qu’un projet à plus faible rentabilité économique aujourd’hui peut rapporter plus demain en favorisant le développement environnemental, sociétal et donc, économique.

Vers une logique de production de connaissance partagée

  Pour répondre aux défis de l’accès au crédit (résoudre notamment les problèmes d’asymétrie de l’information)   pour les micro-entreprises ou les PME, il convient à travers le projet Ethomed d’entrer dans une logique de production de connaissances partagées entre les différentes parties prenantes du projet, ce que nous qualifions « d’intermédiation informationnelle » (voir www.2irating.com).

  En effet, les grandes entreprises ont les moyens humains et financiers pour produire de l’information. Ce n’est pas le cas des PME et micro-entreprises. L’intermédiation informationnelle entre les financeurs et les porteurs de projets, avec la réalisation de diagnostics et d’accompagnements des porteurs de projets est donc une des ambitions du projet Ethomed.

  L’information produite doit rendre compte de la relation du porteur de projet avec toutes ses parties prenantes (fournisseurs, clients…), sa stratégie d’entreprise, en la mettant en relation avec le contexte dans lequel il évolue. Le contexte est ici défini en prenant compte de l’environnement du projet (législatif, économique, démographique, amont, aval), le niveau de prévisibilité que permet le marché sur lequel  évolue l’activité et le niveau de standardisation des processus de production, afin de déterminer précisément les contraintes qui pèsent sur le projet.

L’approche en compréhension

  Pour choisir les projets qui vont être financés par Ethomed, notre ambition est de tenir compte à la fois du territoire dans lequel s’insère ce projet (le projet a-t-il un effet structurant sur son territoire ?) et des problématiques de développement durable telles qu’elles sont développées dans le rapport de Haut Conseil à la Coopération sur le Développement Durable (lutter contre la pauvreté, les inégalités, les exclusions ; maîtriser l’urbanisation, inventer la ville durable ; l’éducation ; la diversité culturelle…). Ethomed a donc pour ambition de réaliser une approche compréhensive dans le choix des projets, en réalisant un effort d’empathie avec le projet tout en le resituant dans un contexte à la fois local et global.

Nos valeurs appliquées à ETHOMED

  Les valeurs que nous portons trouveront une application pratique dans le fonctionnement du projet en tant que tel. Nous avons le désir que l’intégralité des parties prenantes soit représentée dans le comité de gouvernance. Il s’agit d’en finir avec un système de management top-bottom et de s’orienter vers une démarche décisionnelle plus collégiale.

  Le projet Ethomed rassemble professeurs, étudiants, associations, investisseurs, une société de gestion ainsi que des porteurs de projets. Il importe que chacun de ces acteurs prenne part aux débats, apporte ses connaissances et son expertise dans le but de créer un environnement de confiance où l’information est intégralement partagée.

Pour ce qui est de la composition du fonds, les étudiants et associations auront vocation à faire des propositions et à confronter leur analyse à celle des professionnels responsables de la gestion du fonds. Il s’agit de mettre en valeur les entreprises dont l’éthique correspond à la nôtre.

Structuration d’économies locales et valeur ajoutée

  D’autres critères permettant une évaluation des résultats de nos financements à une échelle plus petite devront être utilisés. Il s’agit de prendre en compte des indicateurs tels que l’IDH (Indice de Développement Humain), l’IPH (Indice de Pauvreté Humaine) ou l’empreinte écologique.

  Cela correspond à une création de valeur ajoutée au sens plein du terme, sans la restreindre au seul résultat net dégagé par l'entreprise à l'issue de son processus de production ou de commercialisation. C'est la valeur ajoutée qui participe aux projets collectifs par l’impôt, à la rémunération des actionnaires, des prêteurs et des salariés, à leur formation, à l’autofinancement de l’entreprise...

  Les qualités intrinsèques d'un projet d'entreprise ne sont plus seulement les critères marchands axés sur une rentabilité financière de court terme, elles doivent aussi traduire la capacité du projet à préserver les générations futures, à intégrer des objectifs mesurables en terme de capacité à économiser les matières premières, à participer à l'émulation et la formation des personnes, à répondre au besoin sanitaire de la population, en d'autres termes à générer un bien-être social...  C'est la condition même de la pérennité d'une activité économique à une échelle temporelle longue, celle de la vie de l'entreprise au sein de la Cité.

  La performance appréhendée par la valeur ajoutée peut être établie à la lumière de l'efficacité sociale du projet économique, du mode d'utilisation des bénéfices générés ou encore de la contribution sociale de l'entreprise à la richesse globale de la communauté à l’échelle locale (région, département, ou ville). ETHOMED, par la création d’une structure réunissant et laissant s’exprimer l’ensemble des parties prenantes (associations, investisseurs, chercheurs, étudiants, professeurs), rend l’accès au financement possible à des projets citoyens de développement économique où le risque de l’investissement est assumé et maîtriser par la production d’information partagée.

Bibliographie :

JENSEN, M.C. « Value Maximisation, Stakeholder Theory and the Corporate Objective Function » (October 2001). Unfolding Stakeholder Thinking, eds. J. Andriof, et al, (Greenleaf Publishing, 2002). Available at SSRN: http://ssrn.com/abstract=220671
PARANQUE, B.,« Construire l’Euro Méditerranée » , L’Harmattan 2008.
MITCHELL R. K., AGLE B.R., WOOD D. J., « Toward a Theory of Stakeholder Identification and salience: defining the principle of who and what really counts», Academy of Management Review, vol. 22, n° 4, pp 853-896, 1997.
FREEMAN, R.E.., « Strategic Management: A stakeholder approach » 1984, Boston: Pitman.

Enjeux du développement : l’épargne des migrants

Les transferts de revenus des travailleurs migrants occupent une place souvent sous-estimée dans les économies de nombreux pays du Sud : en 2003, les migrants des pays du Sud avaient transféré environ 93 milliards de dollars US vers leur pays. Si l’on prend en compte les transferts informels, ces chiffres seraient même à réévaluer : une estimation globale pourrait être alors de l’ordre de 150 à 200 milliards de dollars US.

Cette épargne est très peu utilisée dans des investissements productifs dans les pays destinataires.

L’initiative de l’association Migration et Développement est en ce sens innovante.

Migrations & Développement (M&D), association à but non-lucratif régie par la loi de 1901,a été créée en 1986. Son but est d’aider les populations rurales des montagnes du sud marocain à assurer le développement économique de leurs villages et, ce faisant, à endiguer l’exode massif de leur population. M & D a mis en œuvre une démarche participative avec les migrants et les villageois des territoires d’origine, regroupés en associations, pour lancer des projets de développement à caractère social (santé, scolarisation, formation), de construction d’infrastructures (captation, stockage et distribution de l’eau, électrification décentralisée) et d’activités génératrices de revenus. Les associations villageoises sont ainsi devenues de véritables acteurs de développement local.

Cette initiative a donc un effet structurant sur des économies locales et est un exemple de projets que souhaite soutenir Ethomed.

Anastasia DELCOURT, Florent DUBOSSON, Camille GHANDOUR, Gabriel de MONTRICHARD, Bernard PARANQUE, Camille PERROCHAT, Romain RAGUIN, Patrick ROCHEREAU, Christian VANIZETTE.

Contact
ProAct ETHOMED
EUROMED Marseille Ecole de Management
Domaine de Luminy BP 921
13288 Marseille Cedex 09
Tel : +33 4 91 82 73 01
ethomed@euromed-marseille.com

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